Rue des Carmes : souvenirs de l’horloger et bijoutier Léon Lognoné (1899 – 1984)
Au cœur de l’ancienne cité épiscopale de Dol-de-Bretagne, en baie du Mont-Saint-Michel, se situait au 9 Rue des Carmes au début du XXème siècle : l’horlogerie – bijouterie de Léon Lognoné (1899-1984) fondée par son père, Théophile Joseph Lognoné (1869-1920) qui avait lui même reçu l’apprentissage de l’horlogerie, entre création et transmission, de son aïeul, Julien François Lognoné (1821-1884) contemporain du Second Empire et qui avait encouragé Théophile Joseph et les générations suivantes, à se lancer dans ce métier d’art.
La rue des Carmes à Dol-de-Bretagne reliait la place Chateaubriand à la rue de Paris. Elle fut nommée d’après l’ancien couvent des Grands Carmes fondé au début du XVème siècle par Guillaume de Montauban. Marquée par la présence monastique, elle abritait aussi le couvent des Bénédictines et a été brièvement nommée “rue de la Révolution” en 1794.
La rue des Carmes longe la partie nord des remparts, où l’on peut voir la tour des Carmes. Devenue une rue résidentielle et commerçante, elle conserve un caractère historique fort au sein de la Petite Cité de Caractère.
Jean de Saint-Samson (1571-1636), de son vrai nom Jean du Moulin, était un mystique et frère convers de l’ordre des Grands Carmes en Bretagne. Figure clé de la réforme de Touraine au XVIIe siècle, cet aveugle est considéré comme le « Jean de la Croix » français. Il a vécu et exercé à Rennes. Jean de Saint-Samson a eu plusieurs disciples qui ont transmis sa pensée et sa mystique après sa mort : Dominique de Saint-Albert, Léon de Saint-Jean, Marc de la Nativité, Maur de l’Enfant-Jésus, et Léon de Saint-Jean (conseiller de Marie de Médicis et ami de saint François de Sales).
Il est souvent associé à Dol-de-Bretagne, ville liée à Saint Samson de Dol (l’un des sept saints fondateurs de la Bretagne), bien que le frère convers soit un personnage distinct du saint du VIe siècle.
Il ne faut pas le confondre avec Saint Samson de Dol (v. 495-565), moine fondateur.
Saint Samson (v. 490-565), moine gallois et l’un des sept saints fondateurs de Bretagne, a joué un rôle clé dans l’évangélisation des Îles Anglo-Normandes. Son culte y est majeur, notamment à Guernesey où la paroisse et le port de Saint-Samson portent son nom. Il y a fondé des lieux de culte, marquant l’influence bretonne initiale.

Au commencement, un Arsenal …
À Genève, l’Ancien Arsenal, situé dans la Vieille Ville, est familièrement appelé la « Place des Canons ». Ces pièces d’artillerie historiques rappellent le passé défensif de la ville, non loin de l’Hôtel de Ville. Alliant modernité, tradition et innovation technique et artistique, le Geneva Lux, festival des lumières de Genève, illumine la cité grâce à des oeuvres originales d’artistes qui mettent en valeur le patrimoine culturel et historique qui participe au renouvellement de la démarche de « borders studies » (frontière intelligente).
En Suisse, l’horlogerie s’est implantée au milieu du XVIe siècle à Genève, où s’étaient réfugiés de nombreux protestants français et italiens. En 1541, le réformateur protestant français établi à Genève Jean Calvin interdit le port d’objets ornementaux, forçant les orfèvres et joailliers à se tourner vers un autre art, à savoir celui de l’horlogerie.
Horlogerie & innovations : un prisme nouveau depuis 2020
Depuis 2020, l’UNESCO a récemment inscrit les savoir-faire en mécanique horlogère et mécanique d’art sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
A l’origine, le métier d’orloger sans H était destiné au réglage des canons (le dernier argument des rois – Ultima ratio regum en latin). Ce métier remonte véritablement à une époque impériale où de Charles Quint – dans sa guerre contre François Ier- va recruter ces fameux « orlogeurs ». Des horlogers maîtrisant la gravure des platines en laiton ont pu être chargés de la fabrication d’instruments de pointage ou de calcul, comme les équerres à fil à plomb, ou les compas de proportion “de Galilée” permettant toute sorte de calculs et qui comportaient souvent des échelles destinées à un usage en artillerie.
Si l’inscription UNESCO met en valeur une tradition franco-suisse, le savoir-faire horloger s’est aussi aventuré sur les mers, terreau d’inventions toutes aussi étonnantes
Ministre des choses de la mer de François 1er, Philippe Chabot (1492 -1543) fut un mécène de la Renaissance qui finança les expéditions de Jacques Cartier à la découverte du Canada. Son grand rival n’était autre que l’amiral de l’empereur Charles Quint, le Génois Andrea Doria (1466-1560) qui dirigea la flotte impériale. Un autre commandant naval majeur fut Hugo de Moncada, vice-roi de Sicile, qui a dirigé des expéditions contre les Ottomans. En 1530, l’empereur Charles Quint céda l’archipel de Malte à l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, expulsé de Rhodes. Les chevaliers devinrent les « Chevaliers de Malte », transformant l’île en un bastion stratégique appuyé par des orfèvres et horlogers maltais.
Dans la Manche, Villedieu les Poêles, aux portes de la baie du Mont Saint Michel, maintient neuf siècles de tradition de service dévoué et d’engagement sur les traces de l’Ordre souverain de Malte, également connu sous le nom de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte.
L’arc horloger transmanche représente bel et bien un « Quai des futurs » pour imaginer le passage de l’héritage culturel ancien aux inventions et progrès collectif du temps. Une transformation d’un périmètre transmanche, du système racinaire des Stuarts aux ambitions futures dans l’espace et la durabilité.
Une culture vivante, une mémoire partagée, un avenir en mouvement

Commémorations du 350eme anniversaire de l’Observatoire royal de Greenwich célébrés en 2025
L’Observatoire royal de Greenwich a été fondé par Charles II Stuart en 1675, de retour d’exil en France, en s’inspirant des travaux et des instruments de l’Observatoire royal de Paris dirigé par le grand Cassini, visant à une mesure plus fiable de la longitude pour la navigation en haute mer.
L’apparition des premières horloges maritimes, qui conservaient la mesure du temps même sur un navire en mouvement, fut une révolution. Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, la navigation en haute mer sans repères était périlleuse. La longitude imposait de connaître l’heure réelle précise.
Les 400 ans d’anniversaire (2026) de la Marine française ont intégré les transferts d’innovation issus de l’horlogerie (chronomètres de marine)
Le cardinal de Richelieu, homme d’État français du XVIIe siècle, a entretenu au large de la Sicile une relation stratégique avec l’Ordre de Malte, s’inspirant de son excellence navale pour bâtir la Marine française, en intégrant ses officiers compétents et en utilisant sa puissance maritime, tout en profitant des liens familiaux, son oncle étant Prieur de France. Richelieu a reconnu la puissance militaire et la discipline de l’Ordre, notamment sa flotte réputée, et a cherché à reproduire cette expertise au service de la France, formant ainsi une collaboration historique entre l’Ordre et la Marine nationale française.
Il est à noter que les orfèvres et horlogers maltais ont aussi apporté des transferts de connaissance à la Marine nationale française. De même, des contacts diplomatiques ont existé avec les réseaux jacobites de Fontainebleau, Saint-Germain-en-Laye, Dol-de-Bretagne. Certains membres de l’Ordre ont entretenu des liens avec la cour Stuart, et des chevaliers maltais ont parfois visité l’Angleterre, notamment sous Charles II Stuart.







