Du Pays-de-Galles à la baie du Mont-Saint-Michel en passant par Guernesey: Qui était saint Samson ?

Parmi tous les saints dits « corniques », Samson est le seul pour lequel il semble exister des documents écrits de son vivant : on trouve mention d’un évêque, probablement saint Samson lui-même, signant avec d’autres évêques lors d’un concile à Paris en 562. Samson a également la particularité d’être le seul saint « cornique » dont la biographie a été écrite moins de deux siècles après sa mort.

Fils d’une famille noble du sud du Pays de Galles, Samson naquit au début du VIe siècle. Il fut considéré comme un enfant miraculeux, car sa naissance survint alors que ses parents avaient depuis longtemps perdu l’espoir d’avoir un enfant. Il fut nommé d’après le Samson biblique du livre des Juges.

Il fit ses études au monastère de Llantwit Major, où il fut ordonné prêtre. Dès son plus jeune âge, Sampson semble avoir été considéré comme une personne très sainte et exceptionnelle. Il aurait accompli divers miracles, notamment en sauvant un ami des griffes d’une bête sauvage et en guérissant son père d’une maladie mortelle. Il voyagea quelque temps comme missionnaire en Irlande, puis, à son retour au Pays de Galles, vécut en ermite avant de devenir abbé du monastère de Llantwit Major.

Après quelques années d’abbatiat, Sampson aurait eu une vision dans laquelle Dieu l’appelait à partir en mission en Europe. À cette époque, le moyen habituel de se rendre en Europe depuis le Pays de Galles était de prendre la mer jusqu’au nord des Cornouailles, de traverser ce pays, puis de naviguer jusqu’en Bretagne depuis un endroit comme Fowey.

Obéissant à l’appel de Dieu, Sampson embarqua avec son père et d’autres personnes et aurait accosté quelque part le long de l’estuaire de la Camel. Il visita un monastère nommé Docco, dont l’existence est attestée à l’époque à St Kew, mais les moines locaux refusèrent de l’héberger, jugeant ses exigences trop élevées pour leur mode de vie cornouaillais.

Samson et sa troupe poursuivirent leur route vers l’est depuis St Kew jusqu’à rencontrer, en un lieu indéterminé, un groupe de personnes jouant autour d’une stèle ou d’une image d’idole. Au cours des jeux, un jeune homme tomba de cheval et sembla mort, mais Samson le guérit apparemment. En conséquence, le chef du groupe, nommé Vedianus, demanda à Samson de les baptiser tous.

La légende raconte que Vedianus sollicita ensuite l’aide de Samson face à un énorme serpent qui vivait dans une grotte voisine et terrorisait les environs. Samson parvint bien sûr à tuer le serpent et alla ensuite vivre dans la grotte où une source jaillit en réponse à ses prières. Il fonda un monastère à proximité, dirigé par son père, Amon, et son cousin Henoc.

Sampson poursuivit son voyage à travers les Cornouailles et fit voile vers la Bretagne où il fonda un autre monastère à Dol. Il y demeura jusqu’à sa mort, à la fin des années 570 ou au début des années 580, vraisemblablement le 28 juillet.

Quelle que soit la véracité des récits concernant Sampson, il semble qu’il ait réellement existé et séjourné brièvement en Cornouailles, y fondant très probablement au moins un monastère. Des preuves archéologiques attestent que le site de cette église était un lieu de culte chrétien avant le XIIe siècle, et probablement même plus tôt.

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