L’arc horloger transmanche accueillera-t-il Les Demoiselles de Coutances ?

Témoin de l’architecture horlogère reliée au voyage et à l’univers de l’entreprenariat de la Belle Epoque, le célèbre musée d’Orsay explore l’imaginaire collectif des métiers d’art et savoir-faire d’exception conçus spécifiquement pour l’Exposition universelle de 1900 et plus récemment pour les Jeux olympiques de Paris 2024, rappelant ainsi des liens étonnants avec le Sud-Manche, terre de naissance de la flamme olympique avec le design de Guy Degrenne.

Sur les bords de la Seine, il est possible de renouer avec d’autres trésors. Le Musée d’Orsay abrite par exemple des dessins et des archives liés à l’architecture de la Cathédrale de Coutances, notamment un dessin du coq du clocher daté de 1957. Ces collections comprennent des pièces graphiques de Victor Ruprich-Robert et des documents techniques (coupes, élévations).  Si les œuvres conservées concernent principalement le patrimoine architectural et les détails structurels de la cathédrale, le musée d’Orsay mondialement connu pour sa collection impressionniste, abrite également des fonds d’arts graphiques et d’architecture des XIXe et début XXe siècles.

A la croisée des arts, des techniques et de la science, l’une des horloges les plus célèbres offre une vue panoramique sur le jardin des Tuileries, derrière un café insolite retransformé en univers à la fois onirique et aquatique dans l’esprit d’un hommage à l’Art Nouveau. Les assises aux formes organiques et les lustres aux écailles dorées y trouvent leur place face à l’évocation des nids de coraux orangés et d’une vague lumineuse. Comme une invitation à explorer les savoir-faire ancestraux sur les chemins du Mont-Saint-Michel, de la fabrication horlogère de Dol-de-Bretagne à la fabrication de cloches et de bronzes d’Art avec les fondeurs de Villedieu-les-Poêles.

Cet imaginaire collectif des métiers d’art et savoir-faire ancestraux d’exception se réinvente en permanence. L’entreprise Guy Degrenne a fabriqué les 2 000 torches des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, conçues par le designer Mathieu Lehanneur. Fabriquée en acier 100% recyclé issu des sites d’ArcelorMittal, la torche de 1,5 kg a été façonnée par découpe, emboutissage, soudure laser et assemblage de demi-coquilles.

Toujours un pas en avance sur les autres. Puisque des trains circulaient désormais le 14 juillet 1900, année d’inauguration de la gare d’Orsay, les voyageurs auront dorénavant de plus en plus besoin d’avoir une appréhension précise du temps. Comme les voyageurs d’une Cathédrale du futur en quête d’emprunter de nouvelles routes sur les anciens quais de gare d’Orsay et aller rejoindre le coq du clocher de la cathédrale de Coutances.

Pour imaginer ce nouveau Quai des Futurs, l’ancien ministre et parlementaire Stéphane Travert a déposé une question écrite au journal officiel de la République française pour inscrire la sauvegarde du patrimoine des majestueuses horloges Demoiselles de Coutances au sein de l’arc horloger transmanche.


Celles-ci représentent un modèle d’horloge de parquet élégant très recherché, datant de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle, caractérisé par leur caisse en chêne souvent ornée de laitons ciselés (phénix, paniers fleuris) et un mouvement mécanique original, avec cadran en faïence ou laiton, représentant une forme rare et précieuse d’horlogerie normande.


L’arc horloger transmanche a véritablement commencé sous la dynastie des Stuarts profondément impliquée dans les arts et de la diplomatie. Et dont la Grande Rue éponyme (“La Grande Rue des Stuarts”) dans la baie du Mont-Saint-Michel constitue l’un des berceaux horlogers. Les sources de cet arc horloger transmanche peuvent paraître encore plus lointaines, en particulier avec des sources émanant de l’échiquier des relations avec la Sicile et l’Italie. Dans ses dernières années (1766-1807), après la mort de Jacques III, la cour des Stuarts continua d’exister sous le régime de la « prétention perpétuelle », conservant ainsi le statut de cour royale en exil jusqu’au début du XIXe siècle. Bien connu à Saint-Germain-en-Laye, Fontainebleau ou Dol-de-Bretagne, le long exil au XVIIIe siècle de cette cour jacobite, fut en Italie essentiellement établie à Rome (1719-1766) et dirigée par Jacques François Édouard Stuart (le « Vieux Prétendant ») et ses fils, Charles Édouard Stuart et Henri Benoît Stuart. Cette cour constituait un important centre de foisonnement culturel, diplomatique et politique. 

Jacques François Édouard Stuart (10 juin 1688, Londres – 1er janvier 1766, Rome) fut le fils du roi Jacques II Stuart d’Angleterre et d’Irlande et VII d’Écosse (1633-1701) et de sa seconde épouse, la princesse Marie de Modène (1658-1718).


Afin d’illustrer de nouveaux échanges avec la Normandie insulaire (îles Anglo-Normandes), un appel a été lancé par la cinquième génération de descendants de Théophile Lognoné, horloger établi dans la Grande Rue des Stuarts. Cette ambition de sauvegarder l’arc horloger transmanche entend aussi révéler un double-sens de circulation des innovations … Et symboliquement inspirer un “Quai des futurs” y compris à travers le prisme des jumelages comme celui de Coutances et de la paroisse Saint-Ouen à Jersey. 

Trésorier de la Marine, George Carteret nommé Gouverneur de Jersey en 1643 fit construire des tours de guet tout autour de l’île sur l’exemple des Tours Martelots qui protègeaient la Corse. L’île devient alors une base arrière de la résistance royale au profil des Stuarts

Voici les références de la question écrite horlogère déposée par le député de la Manche, Stéphane Travert : https://questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-8842QE.htm  

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