Les îles périphériques d’Hong Kong : le second visage de la ville.
Que vous soyez touriste ou expatrié, quiconque passe par Hong Kong, comprend vite que cette ville est plus grande qu’il n’y paraît. Il se cache, derrière la densité de Kowloon et le dynamisme du quartier Central, une variété d’îles, qui participent à la beauté naturelle et à la diversité culturelle de Hong Kong. Pour ma part, en tant qu’étudiant, les îles qui entourent les quartiers principaux de Hong Kong font partie intégrante de mon quotidien. Elles proposent une liste infinie de randonnées, de plages, de vues panoramiques et de quartiers authentiques.
Pour comprendre l’importance de ces territoires, il faut regarder au-delà de la baie. Hong Kong compte plus de 260 îles, mais seule une fraction est habitée de façon permanente. Si Lantau domine par sa taille, des îles comme Lamma ou Cheung Chau affichent des densités surprenantes, contrastant avec des îlots presque déserts comme Yim Tin Tsai.

Derrière la carte postale, un paradoxe s’installe : alors que le centre-ville étouffe, certaines de ces îles luttent pour ne pas devenir des villages fantômes, tandis que d’autres tentent de transformer leur isolement en un nouvel art de vivre.
Le déclin de certaines îles s’explique par plusieurs causes structurelles : premièrement, le facteur logistique. Habiter une île périphérique, c’est vivre au rythme des ferries. Le coût des transports et le temps de trajet vers Central ou Kowloon deviennent des freins majeurs, surtout pour les jeunes actifs. Ensuite, ces îles souffrent de politiques d’urbanisme figées. La protection stricte des parcs naturels ainsi que le classement patrimonial de certains villages de pêcheurs, rend très difficile de construire de nouveaux logements modernes. Cette rigidité protège le paysage, mais empêche le renouvellement générationnel. Troisièmement, l’enjeu du vieillissement. Sans écoles secondaires de proximité ou perspectives de carrière locales, les jeunes s’installent à Kowloon ou sur l’Île de Hong Kong, laissant derrière eux une population vieillissante.
Malgré ces difficultés, ces îles semblent s’accrocher au tourisme hebdomadaire comme solution pérenne. Cette possibilité s’avère fragilement viable. Tout expatrié le sait bien, le week-end offre l’opportunité parfaite de s’offrir un moment de détente à Lamma, Cheung Chau, etc. Cette pratique a inéluctablement affecté les commerces : la quincaillerie locale devient un café instagrammable et l’épicerie de quartier vend désormais des souvenirs. Cette économie “2 jours sur 7” crée une dépendance dangereuse et menace les résidents d’inflation. La fragilité est d’autant plus forte que ces flux touristiques varient au gré de la météo.
Des perspectives positives existent pourtant. Portée par l’essor du travail à distance, une nouvelle population d’artistes, de freelances et d’expatriés s’installe à Lamma ou Lantau. Ils cherchent ce que Central ne peut plus offrir : du silence, une communauté soudée et un rapport direct à la nature. Finalement, l’argument essentiel de la vie en périphérie est le concept de Slow Living (vie lente), où les îles se positionnent comme le contre-modèle absolu au Hong Kong ultra-centralisé.
Ainsi, il est essentiel de comprendre que les îles de Hong Kong ne sont pas de simples satellites de la métropole. Elles sont un poumon de durabilité et un défi économique pour les années à venir entre préservation naturelle et culturelle.
Hong Kong’s Outlying Islands: The Other Face of the City.
Whether you are a tourist or an expat, anyone passing through Hong Kong quickly realizes that the city is larger than it appears. Hidden behind the density of Kowloon and the dynamism of Central lies a variety of islands that contribute to Hong Kong’s natural beauty and cultural diversity. As a student, the islands surrounding the main districts are an integral part of my daily life. They offer an endless list of hikes, beaches, panoramic views, and authentic neighborhoods.
To understand the importance of these territories, one must look beyond the harbor. Hong Kong comprises more than 260 islands, but only a fraction are permanently inhabited. While Lantau dominates in size, islands like Lamma or Cheung Chau boast surprising population densities, contrasting sharply with nearly deserted islets like Yim Tin Tsai.

Behind the postcard image, a paradox emerges: while the city center feels suffocating, some of these islands struggle to avoid becoming ghost villages, while others attempt to transform their isolation into a new lifestyle.
The decline of certain islands is due to several structural causes. First is the logistical factor: living on an outlying island means living by the rhythm of the ferries. The cost of transport and commute times to Central or Kowloon have become major deterrents, especially for young professionals. Second, these islands suffer from rigid urban planning. Strict protection of country parks and the heritage status of certain fishing villages make it very difficult to build modern housing. This rigidity protects the landscape but prevents generational renewal. Third is the issue of aging. Without local secondary schools or career prospects, young people move to Kowloon or Hong Kong Island, leaving behind an aging population.
Despite these difficulties, these islands seem to cling to weekend tourism as a long-term solution. However, this viability is fragile. Every expat knows that the weekend offers the perfect opportunity for a relaxing getaway to Lamma or Cheung Chau. This practice has inevitably affected local businesses: the local hardware store becomes an “Instagrammable” café, and the neighborhood grocery store now sells souvenirs. This “two-days-a-week” economy creates a dangerous dependency and threatens residents with inflation. This fragility is further heightened by the fact that tourist flows fluctuate with the weather.
Yet, positive perspectives exist. Driven by the rise of remote work, a new population of artists, freelancers, and expats is settling in Lamma or Lantau. They seek what Central can no longer offer: silence, a close-knit community, and a direct connection to nature. Ultimately, the core argument for life on the periphery is the concept of “Slow Living,” where the islands position themselves as the absolute counter-model to ultra-centralized Hong Kong.
Thus, it is essential to understand that Hong Kong’s islands are not merely satellites of the metropolis. They are a lung of sustainability and an economic challenge for the years to come, balanced between natural and cultural preservation.







